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C'est une petite mexico-hondurienne perdue à Paris qui vous donne la bienvenue. En France depuis trois ans, je vis ma vie entre deux mondes, deux cultures différentes voire trois. C'est pour cela que j'aimerais partager avec vous ma vision d'un monde chaotique, à la fois intimidant et fascinant.

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   Contraception choisie  0 commentaire
[07/02/2010 14:22]

 

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Contraception choisie. Quand les États Généraux de la femme, sponsorisés par Elle magazine, ont commencé il y a quelques jours je n'ai pas particulièrement réagi. Il y a tellement d'États généraux qui n'aboutissent à rien que je ne me suis pas particulièrement penchée sur la question. Aujourd'hui je rattrape le temps perdu.

Mardi, un rapport a été rendu à la ministre de la santé Roselyne Bachelot. Les interruptions volontaires de grossesse, stagnent à 200 000 par an en France et l'accès à la contraception est limité. J'ai été particulièrement étonnée de voir que la plupart de ces IVG sont pratiquées sur des femmes qui utilisent une contraception. Les adolescentes sont fortement représentées parmi ces femmes qui ont recours à l'avortement. L'explication: un nombre étonnant de jeunes filles pensent qu'elles ne peuvent pas tomber enceinte lors du premier rapport !

Moi qui suis la première à critiquer la forte fécondité de mes compatriotes, je n'en revenais pas. En France, les femmes ont eu leur mai 68. Elles ont brûlé des soutiens-gorge et ont défendu les droits de la femme. Parmi eux, le droit à disposer de son corps comme bon lui semble et avoir accès à la contraception. 35 ans après la loi Veil, les féministes de la première heure doivent se retourner dans leurs tombes(si elles sont mortes). Alors, trouver aujourd'hui une petite plaquette avec 21 comprimés dans le sac à main d'une femme semble évident.

Mais ce rapport remet tout en question. Que de jeunes filles isolées dans la Sierra Taraumara ne sachent pas qu'elles peuvent tomber enceinte le première fois qu'elles font l'amour c'est compréhensible. Dans un pays imprégné de catholicisme dogmatique, on ne va pas faire des campagnes massives pour la contraception. Ceci ne veut pas dire qu'il y en a pas, l'usage du préservatif masculin est de plus en plus répandu. Si de l'autre côté de l'océan Atlantique il y a tellement de grossesses non désirées c'est parce qu'il y a un manque ahurissant d'information. Le sexe est tabou, et expliquer à une jeune femme comment se protéger passe par une incitation à la débauche. En plus, la contraception n'est pas à la portée de tout le monde.

Quand je lis que les jeunes Françaises ne sont pas informées et qu'elles n'ont pas l'application pilule (vous savez l'application qui vous rappelle l'heure de prendre la pilule) sur leur I-Phone je comprends l'importance des États Généraux de la Femme. Entre les quotas pour être à la tête d'un grand conseil d'administration et ces résultats, il y a de quoi s'inquiéter. Attention, il ne faut pas dramatiser. En France on peut pratiquer une IVG, en Espagne il faut aller de l'autre côté de la frontière pour éviter d'être lapidée et au Mexique, des femmes meurent toutes les années suite à un avortement pratiqué clandestinement.

Alors, vous trouverez justifié le fait que j'ai interrompu la paix de la rue de la Roquette dans le 11ème. Je me dirigeais vers un magasin avec une copine. En parlant de tout et de rien elle m'a expliqué nonchalamment qu'on ne devrait pas faire autant de chichi à propos des grossesses et de la contraception. Que ça devrait être naturel, comme avant quoi... En racontant une histoire de sa collègue de travail, elle m'a dit que comme elle avait décidé de faire des enfants à quarante ans elle a dû suivre des traitements de fertilité.

Évidemment, cette femme en question a fait un enfant à quarante ans parce qu'elle a décidé d'avoir une carrière. Elle a maîtrisé son corps et elle a fait ce qu'en elle a voulu. Élever un enfant c'est épuisant, il l'est plus à quarante ans mais c'est le choix de cette femme. Ce que ma copine contestait sans le dire clairement, c'est la lutte de plusieurs décennies pour qu'une femme ne soit pas perçue comme une couveuse sur pattes et qu'elle puisse gérer l'EPAD si ça lui chante. C'est une fille de 21 ans qui dit vouloir une carrière ambitieuse mais qui ne semble pas avoir compris qu'on n'est pas encore en droit de tout faire sans subir des conséquences. Elle a aussi compris pourquoi j'ai crié : « Quoi?! », et pourquoi tous les passants de la rue se sont retournés.Si ça continue comme ça, Ségolène ne va pas tarder à recevoir un appel de Bachelot pour lui demander qu'elle lui file ses kits contraceptifs.





   Gainsbourg, vie héroïque  1 commentaire
[01/02/2010 17:32]

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A pétition des lecteurs (2), je reviens sur Gainsbourg.

Rendez-vous au Grand Rex à 21h par une nuit froide. C'est dans cette salle mythique où j'ai vu « Vie héroïque ». Le principe en apparence n'a rien d'original. Et je dis bien en apparence. On prend une figure emblématique de la culture française et on en fait un film exportable qui gagne des Oscars. Cf. La Môme. Formule qui marche quand c'est bien fait. Alors quand on va voir un film biographique on se méfie un peu. Comment ne pas faire linéaire si on raconte une vie? Comment faire un choix ? Vie personnelle ou vie artistique? Gainsbourg a facilité la tâche du réalisateur car sa vie privée est sa vie artistique.

La bande-annonce officielle mettait en valeur quelques scènes sensuelles. Du coup je m'attendais à ce que la vie pas très catholique de Gainsbourg soit au centre du film. Eh bien raté ! Dès le générique il y a toutes les attentes qui tombent à l'eau et tant mieux. Celui-ci est une animation.C'est par la suite qu'on va voir que cette animation n'est pas là pour faire joli. On voit un petit Gainsbourg se balader dans Paris. On voit ses peurs et ses angoisses. Les toits de cette ville, la musique toujours la musique et la cigarette.

Rien n'est laissé au hasard. Tout petit élément sert à raconter l'histoire du chanteur. Dans le film, Gainsbourg a un alter-ego. C'est « sa tronche ». On connaît les complexes de Lucien Gainsbourg. Son visage intimement lié à ses origines a été un lourd fardeau. C'est donc son visage qui devient un personnage à part. On aurait dû s'en douter, quand le générique défile on ne lit pas « un film réalisé par... » C'est un conte de Joann Sffar. C'est donc ce personnage démesuré au sens propre et figuré du terme qui va guider le chanteur dès ses premiers pas dans l'art plastique jusqu'à son déclin.

Déchénace et création ne font qu'une. Vie réelle et fantasmée par le créateur, en plus de tous les personnages qui ont marqué la vie « d'un des plus grands artistes du 20ème siècle » Ne vous laissez pas tromper par le titre, une vie héroïque n'implique pas une vie sans humour et il y en a! Le père de Gainsbourg joué par Razvan Vacilescu, est un personnage attachant qui donne cette touche de légèreté. Ce n'est pas la seule, mais c'est cette touche qui m'a marquée.

Il est ami de son fils et un peu ennemi de sa musique. Je pourrais continuer de vous dire à quel point tous les personnages sont formidables, mais ça n'a aucun intérêt. Par contre, je peux vous dire que Laetitia Casta dans le rôle de Brigitte Bardot est imbattable. Jamais une caricature, au contraire c'est toute la sensualité de BB condensée en une seule femme. Ce qui est le plus intéressant c'est qu'on ne voit pas que la relation de Gainsbourg avec les femmes. On voit bien le triangle, piano, musicien, femme. Chaque maîtresse est une étape dans la vie du chanteur. Même quand elles sont anonymes, leur présence est justifiée.

« Moi, quand j'ai rendez-vous c'est avec des gonzesses », ce sont les paroles du petit Lucien joué par Kacey Mottet. Ce film c'est les gonzesses,(des vraies, toutes feu toutes flamme), la musique et le vice. On a presque envie de faire un retour aux années 60, folle décennie où « je vais et je viens entre tes reins » a fait scandale. Il y va sans dire que la musique fait partie du casting de ce merveilleux film.





   De découvertes Internationales  2 commentaires
[29/01/2010 1:42]

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Je vous avais promis une note sur « Gainsbourg. Vie héroïque ». Excellent, intelligent, ça donne envie de fumer, de boire et de...Voilà. Je vous avais promis quelques mots. Encore un petit tour de magie comme ça et je m'inscris en tête de liste des municipales. Bref, je voulais vous en parler, mais pour aborder le sujet de ce film, bien comme il faut, il vaut mieux aller regarder du côté de Télérama. En revanche, je peux vous parler de deux petites perles toutes fraîches. Je viens de les pêcher dans un bar du côté de Ménilmontant dans le 11ème.

Je plante le décor pour ce qui ne se sont pas encore familiarisés avec Paris, la nuit. (Moi aussi je compte dans la liste). Le bar et salle de concerts, l'International se trouve dans une rue qui donne sur Oberkampf. Rue bien connue des étudiants et des bobobranchés. Invitée par un groupe de trois filles extraordinaires j'arrive à 20h40. Comme c'était un rendez-vous musical, je ne me suis pas pressée. J'oublie qu'il faut toujours compter le temps du tour de l'arrondissement. Pour faire honneur à mon sexe, j'ai mal lu le plan du quartier et j'ai fait tout le tour du quartier. J'étais sur la bonne voie dès le début mais il fallait tourner à droite et non pas à gauche. Après la petite promenade de santé, j'arrive dans le bar et je cherche Lisa, une des WAAA girls. Je ne vois personne, ce n'est pas bien grave. Je m'accoude au bar et je commande un demi. J'ai une très mauvaise habitude, j'écoute les conversations des autres. Ce n'est pas poli mais c'est fascinant.

Tout le monde parle des WAAA « elles sont tellement gentilles et puis elles sont pro » J'acquiesce, dans ma tête, je ne veux pas passer pour une folle en tout début de soirée. On laisse ça pour la fin. Qui sont ces WAAA girls? Non ce ne sont pas les stars des deux concerts que je tiens à reporter. Mais ce sont quand même les stars. WAAA est une agence de marketing et de promotion exclusivement pour le web, créée il y a un an. Ce sont trois fille jeunes et belles qui travaillaient dans le monde de la musique. Ce sont elles qui sont derrière la promo de grands artistes que vous connaissez? Cocoon vous dit quelque chose? Et puis, Amy Winehouse? Saoulées d'être des subalternes les trois filles se sont lancées dans une aventure périlleuse. Il y a un an, en pleine crise économique doublée d'une crise de l'industrie musicale, les WAAA lancent leur agence. On était dans ce bar pour fêter une première année de réussite.

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Les filles étaient là depuis un bon moment, une soirée demande de l'organisation. On était là pour faire la fête mais aussi pour travailler. En première partie de soirée, Kit. Un son électronique mais raffiné, des synthés. Los que conocen Belanova y adoran el grupo, tienen una idea de lo que es Kit. La chica tiene un look perfecto como la cantante del grupo mexicano. La chanteuse au sens très aigu du style passe d'une chanson à l'autre sans effort. Ce sont des chansons à ajouter à nos play-lists personnelles. Très urbain, génération Gossip Girls sans frôler la daube pour adolescente shewing-gum. C'est féminin et c'est une bonne façon de commencer la soirée. Les chansons s'enchaînent, « Animals » a particulièrement retenue mon attention. Petite précision. Les chansons sont en Anglais. Les artistes de la nouvelle ère ont tout compris. Pour être exportables, la langue de Shakespeare s'impose. Je vous invite à voir ce que Kit peut faire. (http://www.myspace.com/kitsound)

Petite pause, visite du bar, excursion cigarette etc. La fatigue commence à gagner la bataille. La salle se remplie de nouveau. Un univers complètement différent. Derrière, un musicien au look impeccable. Un afro, un pantalon bien moulant, je vous en passe. Le chanteur arrive sur scène. C'est de la pure énergie difficilement contenue dans un physique tout fin et pas très grand. The Sophia Lorenians arrivent et ça se fait sentir. Après tout juste la première chanson, le public est enthousiaste. Mis à part le son très funky et sensuel qui met de bonne humeur il y a les chansons en soi. « Teenage dinosaur » m'a enchantée. Il faut quand même avoir réfléchi un minimum pour inventer un titre pareil. Le concert arrive à sa fin mais la foule n'est pas d'accord. The Sophia Lorenians reviennent sur scène pour une dernière chanson qui s'appelle « Naked ». Une chanson qui parle sur notre ADN, une jolie petite trouvaille. Vous pouvez également les découvrir sur http://www.myspace.com/sophialorenians

Vraiment une super soirée. Cette fois-ci je ne promets rien. Et, comme j'aime tenir mes promesses. Je n'ai qu'à vous dire à bientôt. Bonne écoute !





   La circulation de la politesse II  0 commentaires
[27/01/2010 18:51]

 

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Est-ce que vous vous souvenez de mon altercation matinale avec le chauffeur de bus?

http://www.space-blogs.com/blog.php?user=le-blog-de-florencia&note=161072

Ces derniers jours, j'ai observé avec attention tous les usagers de trottinette que je croisais. Trois c'est le nombre de personnes qui sont montées dans le 68, leurs trottinettes dépliées à la main. Le chauffeur n'a absolument rien dit. A Madeleine, un trentenaire parcourait allégrement les couloirs de la station. Il était pressé et il se servait tout naturellement de sa trottinette. Non seulement j'ai été injustement agressée un lundi matin, mais je pense que j'avais raison. Je n'ai pas encore mené une enquête plus poussée. Pourtant, je suis persuadée qu'il y a très peu de gens qui sont au courant du règlement de la RATP concernant, les trottinettes, les patins et les vélos.

C'était juste un petit post scriptum . Le prochain post sera sur le film « Gainsbourg. Vie héroïque. » Rassurez-vous ce n'est pas une critique. De toute façon je ne suis pas en mesure de la faire. Juste quelques petites impressions si vous me le permettez.

A très bientôt et merci de me lire ! (Je ne le dirai pas assez)


   La contravention  0 commentaires
[27/01/2010 1:35]

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Cette semaine, les bonnes nouvelles s'enchaînent. Pour débuter la semaine de bonne humeur, on a pu assister à la nouvelle comédie de TF1. Mardi, on a appris qu'on ne pourra plus prendre le métro avec nos draps sur la tête. Quel soulagement !

La mission parlementaire à l'initiative du chef de la majorité Jean François Copé a rendu sa copie aujourd'hui. On avait vraiment hâte que les plus hautes instances gouvernementales s'occupent de ce fléau qui a envahi les rues de toute la France. Non attendez, depuis mon arrivée en France je n'ai jamais vu une bonne femme complètement voilée. Mais, comme Mr. Copé le répète par tout où il va, ce n'est que de la prévention. Autrement dit, on va boucher le puits avant que l'enfant ne tombe dedans. Sauf que, pour boucher un puits il faut qu'il y en ait un.

Le voile intégral sera désormais banni des services publics mais non des lieux publics. Énorme nuance ! Sauf que la seule femme parmi les trois sur 100 000 à porter la burqa, qui voudra se rendre à la poste devra l'enlever avant de s'y rendre. Juste un petit problème à soulever. Si cette femme, fort probablement jeune, récemment convertie à l'islam et française, doit se rendre au bureau de poste loin de son domicile, elle ne le fera pas à pied. Les transports sont les endroits de l'ambigüité. Le métro est clairement un service public, une fois que l'on sort de la station on est dans un espace public. Mais qu'en est-il du bus? Il circule dans la rue, donc, espace public. Pourtant, madame est à l'intérieur donc service public. Très pratique. Combien d'années de droit et d'école de magistrature pour ça?

Puisqu'on est entrain d'anticiper des mouvements de mode qui « polluent » le paysage. Pourquoi ne pas lutter contre d'autre fléaux vestimentaires qui polluent. Voici un petit exemple: les gens qui pensent que leur sac à dos Quechua est un sac de ville. Cette pratique nuisible aux valeurs de la république devrait être restreinte aux bois et aux randonnées. Une commission vestimentaire s'est réunie pendant un mois pour décider une « demi-loi ». Les sacs Quechua seront interdits de l'espace public mais permis dans les espaces boisés. Problème! Si vous partez en rando mais vous n'habitez pas à côté d'une montagne vous devrez prendre le train. Train=SNCF donc service public ou endroit public? Qui sait? Il vaut mieux planquer le sac Quechua. Sinon, vous risquez de payer une contravention.

Ce qui est légèrement gênant dans tout ça c'est que je risque d'être parmi les premières à payer l'amende. Plus tard ,quand je sortirai de chez moi il ne fera pas chaud. Je mettrai des gants qui cacheront mes mains des yeux voulant me pervertir. Je ne porterai pas une jupe. Mes jambes ne seront pas à la portée de mains impures. Je porterai un chapeau qui cachera mes cheveux, emblème de la séduction féminine. Je porterai une grosse écharpe ne laissant pas transparaître mon cou, ni la moitié inférieure de mon visage qui emmènent à la perdition. Les deux trois cheveux qui échapperont à l'emprise du chapeau cacheront mon regard. Ce sera très difficile de m'identifier. Ceci représente un danger à la sécurité publique. D'après les définitions, aujourd'hui, je serai en pleine infraction de la loi.


   La promenade du dimanche  3 commentaires
[24/01/2010 18:01]

 

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Cet après midi de dimanche, j'e suis descendue de ma tour. Une envie pressante de courgettes (c'est comme ça, parfois c'est du Häggen Daz, parfois c'est un légume) m'a poussée à m'aventurer Rue Lépic. L'avantage de vivre à Paris, c'est qu'un dimanche on ne crève pas de faim si on n'a pas fait ses courses la veille. Je me suis armée d'une tenue hivernale et de mon portefeuille qui était sous le point de souffrir. Pour acheter deux courgettes Rue Lepic, à Montmartre, il faut faire un grand emprunt. J'y suis quand même allée en étant consciente de ce fait. Mon marchand de primeurs habituel est fermé le dimanche comme tout bon commerçant de proximité. Mais le déplacement avait aussi pour but de respirer un peu d'air (frais?) et de m'éclaircir un peu les idées.

J'avais complètement oublié que je déteste sortir un dimanche après midi, pluvieux de surcroît. J'ai été confrontée à l'espèce la plus détestable de la joyeuse jungle parisienne : les promeneurs du dimanche ! Ces âmes nonchalantes qui se promènent dans des corps lourds du poulet rôti de mamie, bien arrosé de vin rouge. Les couples qui ont eu leur dose d'amour, bien programmée du samedi soir, et qui sont contents de se balader main dans la main, en bloquant le passage des filles névrosées qui ont pour mission d'acheter des courgettes un dimanche après midi. Et parmi toute cette foule, j'ai failli être renversée par le pire des spécimens de ceux qui fréquentent les rues parisiennes un dimanche pluvieux comme celui-ci: le couple qui fait son footing par 4 degrés à 16h44.

Je ne comprendrai jamais l'intérêt de faire son footing en couple. Si j'ai bien appris mes leçons de biologie il y a d'autres moyens de faire monter son rythme cardiaque à deux, sans avoir besoin de mettre des habits affreux de sport. Et pourquoi un dimanche? La rue est déjà assez encombrée le reste de la semaine pour l'encombrer de deux individus qui ont pour seul but de faire culpabiliser les autres promeneurs qui viennent de s'empiffrer une tarte aux pommes. C'est qui ces gens perfides qui d'un souffle uniforme regardent du haut de leurs baskets les autres passants?

Regardez de plus près...T-shirt blanc impeccable, une petite blonde coiffée d'une queue de cheval qui tire bien sur les tempes. Lui, il est habillé exactement pareil, un grand blond aux cheveux également impeccables. Noooon! C'est le couple prototype du Parc Monceau, qui a délaissé le circuit bien douillet du parc du 8ème arrondissement pour pousser l'effort jusqu'au bout; jusqu'au bout du Bvd de Clichy ou il a failli me laisser HS.

Je ne suis pas hypocrite. Je suis très contente de me lever un dimanche matin pour aller à la piscine en bonne compagnie. Je suis également contente de faire un footing Parc Monceau, mais SEULE ! C'est un moment de dialogue avec moi même que je ne partage pas. Mais c'est un dialogue qui peut attendre jusqu'au PRINTEMPS. Un dimanche après midi nuageux, froid, pluvieux, on reste chez soi, au chaud. Si on se déplace c'est pour aller au cinéma ou pour rater une expo. Les courgettes pouvaient attendre jusqu'à demain n'est-ce pas? Ah oui j'avais oublié, j'ai intégré le mantra parisien. J'ai pas le temps.


   Jpod ma nouvelle bible  0 commentaires
[23/01/2010 19:28]

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Jpod, ma nouvelle bible. La semaine dernière, j'ai embelli mes trajets journaliers d'une lecture très salle. Comme on dit en Anglais, sortez la tête des gouttières ! Ce n'est pas ce genre de littérature salle. J'ai lu presque d'un trait le nouveau pavé de 504 pages de Douglas Coupland. Un livre où il y a un personnage qui s'appelle Evil Mark, ou Mark le maléfique est absolument à lire.

Jpod est le roman de l'âge Google. Moi qui ne suis pas très branchée ère 2.0, j'ai été complètement immergée dans le monde très bizarre de 6 programmeurs de jeux vidéos, coincés dans la branche la plus geek d'une entreprise localisée à Vancouver. Une fois qu'un programmeur arrive dans cet univers parallèle il ne peut plus y échapper. La vie de ces 6 personnages est comme un jeu vidéo très pervers. Ethan Jarlewski est le personnage principal, c'est lui qui est en charge de raconter les histoires les plus délirantes. A travers ce personnage on voit projetés sur l'écran de son ordinateur touts les enjeux complètement alambiqués de notre monde d'aujourd'hui. La montée en puissance de la Chine est traitée de la façon la plus cynique possible.

Quand je dis que ce livre est délicieusement maléfique c'est parce qu'il fait appel à nos instincts les plus bas. On se retrouve à rire aux éclats quand Jarlewski enterre avec sa mère quelqu'un qu'elle vient de tuer. Avec la même mère qui est spécialiste de la culture de cannabis. La même mère qui s'abandonne aux plaisirs de Sapho avec la mère d'un de ses collègues de travail. Je ne dévoile pas le mystère...Tout ce que je peux vous dire c'est que touts les personnages habitent un monde complètement amoral où seul Saint Google connaît toutes les réponses.

J'ai eu la chance ou le malheur de le lire en Français. La traduction est aussi géniale que le livre, l'humour Nord-Américain est parfaitement bien rendu. Ce n'est pas pour rien, que j'étais la seule à sourire voire à rire aux éclats dans une rame de la ligne 2 à 20h du soir, quand tous les zombies rentrent d'une très looooooongue journée de travail. Christophe Grosdidier est le traducteur des folies de ce livre, ayant fait un peu de traduction (et en étant très mauvaise), j'apprécie un travail de cette qualité. Je suis allée lire quelques extraits du livre en anglais sur la page de Jpod www.jpod.info. C'est aussi drôle en Anglais qu'en Français. Pour rendre exactement l'essence des dialogues il faut tout simplement être doué. Je suis devenue fan de Coupland et de son traducteur.

L'écriture est constituée de deux dialogues. Les dialogues entre les personnages et les dialogues entre Ethan et nous. Ce sont ses rêveries à la Scrubs qui nous laissent pénétrer dans un monde ou on envisage des partouzes avec Ronald McDonald (la mascotte de McDonald's) et on est amis avec un passeur de Chinois, en étant parfaitement conscient de ce qu'il fait. Au revoir le politiquement correcte ! Ça fait du bien ! "J'ai une théorie sur les réunions et la vie : les trois choses que vous ne pouvez pas simuler sont les érections, la compétence et la créativité" Voici un petit aperçu de la philosophie de Coupland. Vous y adhérez vous n'y adhérez pas. En tout cas je n'ai pas pu me remettre à la lecture après ça. Toutes vos suggestions sont les bienvenues.

JPod de Douglas Coupland est édité en France par la maison au Diable Vauvert, il est à 22 euros. Je ne sais pas combien ça fait en paires de baskets chinoises achetées dans une Zone Économique Spéciale. Mais je sais que le prix en vaut la chandelle.


   Bye bye bambini  2 commentaires
[23/01/2010 0:08]

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Bye bye bambini. Cette semaine, un ministre italien a fait une proposition de loi très étonnante. Il veut forcer les jeunes adultes à quitter le foyer de leurs parents à 21 ans. Comme dans touts les pays à culture latine, les enfants quittent leur maison familiale en passant d'abord par la case mariage avant d'épouser une femme exactement comme sa mère pour qu'elle fasse son lit exactement comme avant.

Renato Brunetta veut s'attaquer à un des piliers de la culture des pays latins. Il veut contraindre ces pauvres enfants à être indépendants et se débrouiller touts seuls dans la vie. Plus de petits plats cuisinés quand ils rentrent chez eux? Et les filles...Que vont-elles faire si elles ne peuvent pas attendre confortablement sur le canapé de papa l'homme qu'elles vont épouser? Siniore Brunetta ne vous rendez-vous pas compte de ce que vous faites? Il va falloir que ces jeunes personnes en détresse apprennent à faire leur lessive. Ça va être traumatisant, des cellules psychologiques devront être mises en place. Mr. Brunetta va être très impopulaire aux yeux des « bambaccioni » ou les « gros poupons ». Si en Italie, où le poids de la famille reste énorme, cette loi sera difficile de mettre en place, vous imaginez en Amérique Latine ! Alors là...

Ma première année en France, j'ai été agréablement surprise par des garçons qui faisaient leurs propres pâtes. Une scène m'a marquée : un dimanche après-midi je rentrais avec un copain chez lui. Son colocataire était devant un match de rugby (sport viril par excellence) entrain de repasser ses chemises. Personne ne traitait ce garçon de tapette juste parce qu'il faisait un peu de repassage. Plus tard, on a mangé le repas que les deux garçons avaient préparé ensemble. Quest-ce que j'ai fait entre temps? J'ai bu une bière au salon. Depuis, je me suis tellement habituée à être entourée de garçons qui brulent leurs recettes et laissent leurs lits défaits, mais qui font des efforts dans leurs petits(ou grands) chez eux. Quand j'ai lu ce que Renato Brunetta voulait faire en Italie, j'ai tout de suite pensé à ce qui se passerait en Amérique Latine.

Déjà, aucun ministre oserait même y songer, car, comme Mr. Brunetta, lui aussi serait passé de la maison familiale à la maison conjugale. Pourquoi proposer que le jeunes soient indépendants? Une jeune fille, bien comme il faut ,serait facilement pervertie en habitant toute seule. Le malin se glisserait très rapidement sous les draps de cette demoiselle irréprochable. Quant aux garçons, une mère qui se respecte se doit d'accompagner son petit durant sa croissance. Il est inacceptable qu'un jeune cadre supérieur parte au travail l'estomac vide. Maman est dans l'obligation d'avoir le petit déjeuner prêt et si possible, une collation en cas de petite faim.

Je ne dis pas qu'en France il n'y a pas d'hommes qui sont volontairement inutiles. Je ne dis pas qu'en Amérique Latine il n'y a pas d'hommes qui ont le courage d'endosser un tablier et de préparer le goûter de sa fille. Je dis juste que je suis heureuse d'être partie à l'autre bout du monde et de stresser à cause de mon loyer. Je suis également heureuse de croiser à la laverie des garçons qui ne font pas la différence entre le cycle délicat et le cycle normal mais qui s'occupent d'eux mêmes. Courage Mr. Brunetta ! Ce n'est peut-être pas la désapprobation des bamboccioni que vous aurez à affronter. Méfiez vous de la mafia des mères qui n'apprécieront pas votre initiative.



46 notes (6 Pages, 8 par page)
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