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Contraception choisie. Quand les États
Généraux de la femme, sponsorisés par Elle magazine, ont commencé
il y a quelques jours je n'ai pas particulièrement réagi. Il y a
tellement d'États généraux qui n'aboutissent à rien que je ne me
suis pas particulièrement penchée sur la question. Aujourd'hui je
rattrape le temps perdu.
Mardi, un rapport a été rendu à la
ministre de la santé Roselyne Bachelot. Les interruptions
volontaires de grossesse, stagnent à 200 000 par an en France et
l'accès à la contraception est limité. J'ai été
particulièrement étonnée de voir que la plupart de ces IVG sont
pratiquées sur des femmes qui utilisent une contraception. Les
adolescentes sont fortement représentées parmi ces femmes qui ont
recours à l'avortement. L'explication: un nombre étonnant de jeunes
filles pensent qu'elles ne peuvent pas tomber enceinte lors du
premier rapport !
Moi qui suis la première à critiquer
la forte fécondité de mes compatriotes, je n'en revenais pas. En
France, les femmes ont eu leur mai 68. Elles ont brûlé des
soutiens-gorge et ont défendu les droits de la femme. Parmi eux, le
droit à disposer de son corps comme bon lui semble et avoir accès à
la contraception. 35 ans après la loi Veil, les féministes de la
première heure doivent se retourner dans leurs tombes(si elles sont
mortes). Alors, trouver aujourd'hui une petite plaquette avec 21
comprimés dans le sac à main d'une femme semble évident.
Mais ce rapport remet tout en question.
Que de jeunes filles isolées dans la Sierra Taraumara ne sachent pas
qu'elles peuvent tomber enceinte le première fois qu'elles font
l'amour c'est compréhensible. Dans un pays imprégné de
catholicisme dogmatique, on ne va pas faire des campagnes massives
pour la contraception. Ceci ne veut pas dire qu'il y en a pas,
l'usage du préservatif masculin est de plus en plus répandu. Si de
l'autre côté de l'océan Atlantique il y a tellement de grossesses
non désirées c'est parce qu'il y a un manque ahurissant
d'information. Le sexe est tabou, et expliquer à une jeune femme
comment se protéger passe par une incitation à la débauche. En
plus, la contraception n'est pas à la portée de tout le monde.
Quand je lis que les jeunes Françaises
ne sont pas informées et qu'elles n'ont pas l'application pilule
(vous savez l'application qui vous rappelle l'heure de prendre la
pilule) sur leur I-Phone je comprends l'importance des États
Généraux de la Femme. Entre les quotas pour être à la tête d'un
grand conseil d'administration et ces résultats, il y a de quoi
s'inquiéter. Attention, il ne faut pas dramatiser. En France on peut
pratiquer une IVG, en Espagne il faut aller de l'autre côté de la
frontière pour éviter d'être lapidée et au Mexique, des femmes
meurent toutes les années suite à un avortement pratiqué
clandestinement.
Alors, vous trouverez justifié le fait
que j'ai interrompu la paix de la rue de la Roquette dans le 11ème.
Je me dirigeais vers un magasin avec une copine. En parlant de tout
et de rien elle m'a expliqué nonchalamment qu'on ne devrait pas
faire autant de chichi à propos des grossesses et de la
contraception. Que ça devrait être naturel, comme avant quoi... En
racontant une histoire de sa collègue de travail, elle m'a dit que
comme elle avait décidé de faire des enfants à quarante ans elle a
dû suivre des traitements de fertilité.
Évidemment, cette femme en question a
fait un enfant à quarante ans parce qu'elle a décidé d'avoir une
carrière. Elle a maîtrisé son corps et elle a fait ce qu'en elle a
voulu. Élever un enfant c'est épuisant, il l'est plus à quarante
ans mais c'est le choix de cette femme. Ce que ma copine contestait
sans le dire clairement, c'est la lutte de plusieurs décennies pour
qu'une femme ne soit pas perçue comme une couveuse sur pattes et
qu'elle puisse gérer l'EPAD si ça lui chante. C'est une fille de 21
ans qui dit vouloir une carrière ambitieuse mais qui ne semble pas
avoir compris qu'on n'est pas encore en droit de tout faire sans
subir des conséquences. Elle a aussi compris pourquoi j'ai crié :
« Quoi?! », et pourquoi tous les passants de la rue se
sont retournés.Si ça continue comme ça, Ségolène ne va pas
tarder à recevoir un appel de Bachelot pour lui demander qu'elle lui
file ses kits contraceptifs.
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A pétition des lecteurs (2), je
reviens sur Gainsbourg.
Rendez-vous au Grand Rex à 21h par une
nuit froide. C'est dans cette salle mythique où j'ai vu « Vie
héroïque ». Le principe en apparence n'a rien d'original. Et
je dis bien en apparence. On prend une figure emblématique de la
culture française et on en fait un film exportable qui gagne des
Oscars. Cf. La Môme. Formule qui marche quand c'est bien fait. Alors
quand on va voir un film biographique on se méfie un peu. Comment ne
pas faire linéaire si on raconte une vie? Comment faire un choix ?
Vie personnelle ou vie artistique? Gainsbourg a facilité la tâche
du réalisateur car sa vie privée est sa vie artistique.
La bande-annonce officielle mettait en
valeur quelques scènes sensuelles. Du coup je m'attendais à ce que
la vie pas très catholique de Gainsbourg soit au centre du film. Eh
bien raté ! Dès le générique il y a toutes les attentes qui
tombent à l'eau et tant mieux. Celui-ci est une animation.C'est par la suite qu'on va voir que
cette animation n'est pas là pour faire joli. On voit un petit
Gainsbourg se balader dans Paris. On voit ses peurs et ses angoisses.
Les toits de cette ville, la musique toujours la musique et la
cigarette.
Rien n'est laissé au hasard. Tout
petit élément sert à raconter l'histoire du chanteur. Dans le
film, Gainsbourg a un alter-ego. C'est « sa tronche ». On
connaît les complexes de Lucien Gainsbourg. Son visage intimement
lié à ses origines a été un lourd fardeau. C'est donc son visage
qui devient un personnage à part. On aurait dû s'en douter, quand
le générique défile on ne lit pas « un film réalisé
par... » C'est un conte de Joann Sffar. C'est donc ce
personnage démesuré au sens propre et figuré du terme qui va
guider le chanteur dès ses premiers pas dans l'art plastique jusqu'à
son déclin.
Déchénace et création ne font
qu'une. Vie réelle et fantasmée par le créateur, en plus de tous les
personnages qui ont marqué la vie « d'un des plus grands
artistes du 20ème siècle » Ne vous laissez pas tromper par le
titre, une vie héroïque n'implique pas une vie sans humour et il y
en a! Le père de Gainsbourg joué par Razvan Vacilescu, est un
personnage attachant qui donne cette touche de légèreté. Ce n'est
pas la seule, mais c'est cette touche qui m'a marquée.
Il est ami de son fils et un peu ennemi
de sa musique. Je pourrais continuer de vous dire à quel point tous
les personnages sont formidables, mais ça n'a aucun intérêt. Par
contre, je peux vous dire que Laetitia Casta dans le rôle de Brigitte
Bardot est imbattable. Jamais une caricature, au contraire c'est
toute la sensualité de BB condensée en une seule femme. Ce qui est
le plus intéressant c'est qu'on ne voit pas que la relation de
Gainsbourg avec les femmes. On voit bien le triangle, piano,
musicien, femme. Chaque maîtresse est une étape dans la vie du
chanteur. Même quand elles sont anonymes, leur présence est
justifiée.
« Moi, quand j'ai rendez-vous
c'est avec des gonzesses », ce sont les paroles du petit Lucien
joué par Kacey Mottet. Ce film c'est les gonzesses,(des vraies, toutes
feu toutes flamme), la musique et le vice. On a presque envie de faire
un retour aux années 60, folle décennie où « je vais et je
viens entre tes reins » a fait scandale. Il y va sans dire que la musique fait partie du casting de ce merveilleux film.
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Je vous avais promis une note sur
« Gainsbourg. Vie héroïque ». Excellent, intelligent,
ça donne envie de fumer, de boire et de...Voilà. Je vous avais
promis quelques mots. Encore un petit tour de magie comme ça et je
m'inscris en tête de liste des municipales. Bref, je voulais vous en
parler, mais pour aborder le sujet de ce film, bien comme il faut, il
vaut mieux aller regarder du côté de Télérama. En revanche, je
peux vous parler de deux petites perles toutes fraîches. Je viens de
les pêcher dans un bar du côté de Ménilmontant dans le 11ème.
Je plante le décor pour ce qui ne se
sont pas encore familiarisés avec Paris, la nuit. (Moi aussi je
compte dans la liste). Le bar et salle de concerts, l'International
se trouve dans une rue qui donne sur Oberkampf. Rue bien connue des étudiants et des bobobranchés. Invitée par un groupe de trois
filles extraordinaires j'arrive à 20h40. Comme c'était un
rendez-vous musical, je ne me suis pas pressée. J'oublie qu'il faut
toujours compter le temps du tour de l'arrondissement. Pour faire
honneur à mon sexe, j'ai mal lu le plan du quartier et j'ai fait
tout le tour du quartier. J'étais sur la bonne voie dès le début
mais il fallait tourner à droite et non pas à gauche. Après la petite promenade de santé, j'arrive dans
le bar et je cherche Lisa, une des WAAA girls. Je ne vois personne,
ce n'est pas bien grave. Je m'accoude au bar et je commande un demi.
J'ai une très mauvaise habitude, j'écoute les conversations des
autres. Ce n'est pas poli mais c'est fascinant.
Tout le monde parle des WAAA « elles
sont tellement gentilles et puis elles sont pro » J'acquiesce,
dans ma tête, je ne veux pas passer pour une folle en tout début de
soirée. On laisse ça pour la fin. Qui sont ces WAAA girls? Non ce
ne sont pas les stars des deux concerts que je tiens à reporter.
Mais ce sont quand même les stars. WAAA est une agence de marketing
et de promotion exclusivement pour le web, créée il y a un an. Ce
sont trois fille jeunes et belles qui travaillaient dans le monde de
la musique. Ce sont elles qui sont derrière la promo de grands
artistes que vous connaissez? Cocoon vous dit quelque chose? Et puis,
Amy Winehouse? Saoulées d'être des subalternes les trois filles se
sont lancées dans une aventure périlleuse. Il y a un an, en pleine
crise économique doublée d'une crise de l'industrie musicale, les
WAAA lancent leur agence. On était dans ce bar pour fêter une première année
de réussite.

Les filles étaient là depuis un bon moment, une soirée demande de l'organisation. On était là pour faire la fête mais
aussi pour travailler. En première partie de soirée, Kit. Un son
électronique mais raffiné, des synthés. Los que conocen Belanova y
adoran el grupo, tienen una idea de lo que es Kit. La chica tiene un
look perfecto como la cantante del grupo mexicano. La chanteuse au sens très
aigu du style passe d'une chanson à l'autre sans effort. Ce sont des
chansons à ajouter à nos play-lists personnelles. Très urbain,
génération Gossip Girls sans frôler la daube pour adolescente
shewing-gum. C'est féminin et c'est une bonne façon de commencer la
soirée. Les chansons s'enchaînent, « Animals » a
particulièrement retenue mon attention. Petite précision. Les
chansons sont en Anglais. Les artistes de la nouvelle ère ont tout
compris. Pour être exportables, la langue de Shakespeare s'impose. Je vous invite à
voir ce que Kit peut faire. (http://www.myspace.com/kitsound)
Petite pause, visite du bar, excursion
cigarette etc. La fatigue commence à gagner la bataille. La salle se
remplie de nouveau. Un univers complètement différent. Derrière,
un musicien au look impeccable. Un afro, un pantalon bien moulant, je
vous en passe. Le chanteur arrive sur scène. C'est de la pure
énergie difficilement contenue dans un physique tout fin et pas très
grand. The Sophia Lorenians arrivent et ça se fait sentir. Après
tout juste la première chanson, le public est enthousiaste. Mis à
part le son très funky et sensuel qui met de bonne humeur il y a les
chansons en soi. « Teenage dinosaur » m'a enchantée. Il
faut quand même avoir réfléchi un minimum pour inventer un titre
pareil. Le concert arrive à sa fin mais la foule n'est pas d'accord.
The Sophia Lorenians reviennent sur scène pour une dernière chanson
qui s'appelle « Naked ». Une chanson qui parle sur notre
ADN, une jolie petite trouvaille. Vous pouvez également les
découvrir sur http://www.myspace.com/sophialorenians
Vraiment une super soirée.
Cette fois-ci je ne promets rien. Et, comme j'aime tenir mes
promesses. Je n'ai qu'à vous dire à bientôt. Bonne écoute !
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Est-ce que vous vous souvenez de mon
altercation matinale avec le chauffeur de bus?
http://www.space-blogs.com/blog.php?user=le-blog-de-florencia¬e=161072
Ces derniers jours,
j'ai observé avec attention tous les usagers de trottinette que je
croisais. Trois c'est le nombre de personnes qui sont montées dans
le 68, leurs trottinettes dépliées à la main. Le chauffeur n'a
absolument rien dit. A Madeleine, un trentenaire parcourait
allégrement les couloirs de la station. Il était pressé et il se
servait tout naturellement de sa trottinette. Non seulement j'ai été
injustement agressée un lundi matin, mais je pense que j'avais raison. Je
n'ai pas encore mené une enquête plus poussée. Pourtant, je suis
persuadée qu'il y a très peu de gens qui sont au courant du
règlement de la RATP concernant, les trottinettes, les patins et les
vélos.
C'était juste un petit post scriptum .
Le prochain post sera sur le film « Gainsbourg. Vie héroïque. »
Rassurez-vous ce n'est pas une critique. De toute façon je ne suis
pas en mesure de la faire. Juste quelques petites impressions si vous
me le permettez.
A très bientôt et merci de me lire !
(Je ne le dirai pas assez)
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Cette semaine, les bonnes nouvelles
s'enchaînent. Pour débuter la semaine de bonne humeur, on a pu
assister à la nouvelle comédie de TF1. Mardi, on a appris qu'on ne
pourra plus prendre le métro avec nos draps sur la tête. Quel
soulagement !
La mission parlementaire à
l'initiative du chef de la majorité Jean François Copé a rendu sa
copie aujourd'hui. On avait vraiment hâte que les plus hautes
instances gouvernementales s'occupent de ce fléau qui a envahi les
rues de toute la France. Non attendez, depuis mon arrivée en France
je n'ai jamais vu une bonne femme complètement voilée. Mais, comme
Mr. Copé le répète par tout où il va, ce n'est que de la
prévention. Autrement dit, on va boucher le puits avant que l'enfant
ne tombe dedans. Sauf que, pour boucher un puits il faut qu'il y en
ait un.
Le voile intégral sera désormais
banni des services publics mais non des lieux publics. Énorme nuance
! Sauf que la seule femme parmi les trois sur 100 000 à porter la
burqa, qui voudra se rendre à la poste devra l'enlever avant de s'y
rendre. Juste un petit problème à soulever. Si cette femme, fort
probablement jeune, récemment convertie à l'islam et française,
doit se rendre au bureau de poste loin de son domicile, elle ne le
fera pas à pied. Les transports sont les endroits de l'ambigüité.
Le métro est clairement un service public, une fois que l'on sort
de la station on est dans un espace public. Mais qu'en est-il du bus?
Il circule dans la rue, donc, espace public. Pourtant, madame est à
l'intérieur donc service public. Très pratique. Combien d'années
de droit et d'école de magistrature pour ça?
Puisqu'on est entrain d'anticiper des
mouvements de mode qui « polluent » le paysage. Pourquoi
ne pas lutter contre d'autre fléaux vestimentaires qui polluent. Voici un petit exemple: les
gens qui pensent que leur sac à dos Quechua est un sac de ville.
Cette pratique nuisible aux valeurs de la république devrait être
restreinte aux bois et aux randonnées. Une commission vestimentaire
s'est réunie pendant un mois pour décider une « demi-loi ».
Les sacs Quechua seront interdits de l'espace public mais permis dans
les espaces boisés. Problème! Si vous partez en rando mais vous
n'habitez pas à côté d'une montagne vous devrez prendre le train.
Train=SNCF donc service public ou endroit public? Qui sait? Il vaut mieux planquer le sac Quechua. Sinon, vous risquez de
payer une contravention.
Ce qui est légèrement gênant dans
tout ça c'est que je risque d'être parmi les premières à payer
l'amende. Plus tard ,quand je sortirai de chez moi il ne fera pas
chaud. Je mettrai des gants qui cacheront mes mains des yeux voulant
me pervertir. Je ne porterai pas une jupe. Mes jambes ne seront pas à
la portée de mains impures. Je porterai un chapeau qui cachera mes
cheveux, emblème de la séduction féminine. Je porterai une grosse
écharpe ne laissant pas transparaître mon cou, ni la moitié
inférieure de mon visage qui emmènent à la perdition. Les deux
trois cheveux qui échapperont à l'emprise du chapeau cacheront mon
regard. Ce sera très difficile de m'identifier. Ceci représente un
danger à la sécurité publique. D'après les définitions,
aujourd'hui, je serai en pleine infraction de la loi.
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Cet après midi de dimanche, j'e suis descendue de ma tour. Une envie pressante de courgettes (c'est
comme ça, parfois c'est du Häggen Daz, parfois c'est un légume)
m'a poussée à m'aventurer Rue Lépic. L'avantage de vivre à Paris,
c'est qu'un dimanche on ne crève pas de faim si on n'a pas fait ses
courses la veille. Je me suis armée d'une tenue hivernale et de mon
portefeuille qui était sous le point de souffrir. Pour acheter deux
courgettes Rue Lepic, à Montmartre, il faut faire un grand emprunt.
J'y suis quand même allée en étant consciente de ce fait. Mon
marchand de primeurs habituel est fermé le dimanche comme tout bon commerçant
de proximité. Mais le déplacement avait aussi pour but de respirer
un peu d'air (frais?) et de m'éclaircir un peu les idées.
J'avais complètement oublié que je
déteste sortir un dimanche après midi, pluvieux de surcroît. J'ai
été confrontée à l'espèce la plus détestable de la joyeuse
jungle parisienne : les promeneurs du dimanche ! Ces âmes
nonchalantes qui se promènent dans des corps lourds du poulet rôti
de mamie, bien arrosé de vin rouge. Les couples qui ont eu leur dose
d'amour, bien programmée du samedi soir, et qui sont contents de se
balader main dans la main, en bloquant le passage des filles névrosées
qui ont pour mission d'acheter des courgettes un dimanche après
midi. Et parmi toute cette foule, j'ai failli être renversée par le
pire des spécimens de ceux qui fréquentent les rues parisiennes un
dimanche pluvieux comme celui-ci: le couple qui fait son footing par
4 degrés à 16h44.
Je ne comprendrai jamais l'intérêt
de faire son footing en couple. Si j'ai bien appris mes leçons de
biologie il y a d'autres moyens de faire monter son rythme cardiaque
à deux, sans avoir besoin de mettre des habits affreux de sport. Et
pourquoi un dimanche? La rue est déjà assez encombrée le reste de
la semaine pour l'encombrer de deux individus qui ont pour seul but
de faire culpabiliser les autres promeneurs qui viennent de
s'empiffrer une tarte aux pommes. C'est qui ces gens perfides qui
d'un souffle uniforme regardent du haut de leurs baskets les autres
passants?
Regardez de plus près...T-shirt blanc
impeccable, une petite blonde coiffée d'une queue de cheval qui tire
bien sur les tempes. Lui, il est habillé exactement pareil, un grand
blond aux cheveux également impeccables. Noooon! C'est le couple
prototype du Parc Monceau, qui a délaissé le circuit bien douillet
du parc du 8ème arrondissement pour pousser l'effort jusqu'au bout;
jusqu'au bout du Bvd de Clichy ou il a failli me laisser HS.
Je ne suis pas hypocrite. Je suis très
contente de me lever un dimanche matin pour aller à la piscine en
bonne compagnie. Je suis également contente de faire un footing Parc
Monceau, mais SEULE ! C'est un moment de dialogue avec moi même que
je ne partage pas. Mais c'est un dialogue qui peut attendre jusqu'au
PRINTEMPS. Un dimanche après midi nuageux, froid, pluvieux, on reste
chez soi, au chaud. Si on se déplace c'est pour aller au cinéma ou
pour rater une expo. Les courgettes pouvaient attendre jusqu'à
demain n'est-ce pas? Ah oui j'avais oublié, j'ai intégré le mantra
parisien. J'ai pas le temps.
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Jpod, ma nouvelle bible. La semaine
dernière, j'ai embelli mes trajets journaliers d'une lecture très
salle. Comme on dit en Anglais, sortez la tête des gouttières ! Ce
n'est pas ce genre de littérature salle. J'ai lu presque d'un trait
le nouveau pavé de 504 pages de Douglas Coupland. Un livre où il y
a un personnage qui s'appelle Evil Mark, ou Mark le maléfique est
absolument à lire.
Jpod est le roman de l'âge Google.
Moi qui ne suis pas très branchée ère 2.0, j'ai été complètement
immergée dans le monde très bizarre de 6 programmeurs de jeux
vidéos, coincés dans la branche la plus geek d'une entreprise
localisée à Vancouver. Une fois qu'un programmeur arrive dans cet
univers parallèle il ne peut plus y échapper. La vie de ces 6
personnages est comme un jeu vidéo très pervers. Ethan Jarlewski
est le personnage principal, c'est lui qui est en charge de raconter
les histoires les plus délirantes. A travers ce personnage on voit
projetés sur l'écran de son ordinateur touts les enjeux
complètement alambiqués de notre monde d'aujourd'hui. La montée en
puissance de la Chine est traitée de la façon la plus cynique
possible.
Quand je dis que ce livre est délicieusement maléfique
c'est parce qu'il fait appel à nos instincts les plus bas. On se
retrouve à rire aux éclats quand Jarlewski enterre avec sa mère
quelqu'un qu'elle vient de tuer. Avec la même mère qui est
spécialiste de la culture de cannabis. La même mère qui
s'abandonne aux plaisirs de Sapho avec la mère d'un de ses collègues
de travail. Je ne dévoile pas le mystère...Tout ce que je peux vous
dire c'est que touts les personnages habitent un monde complètement
amoral où seul Saint Google connaît toutes les réponses.
J'ai eu la chance ou le malheur de le
lire en Français. La traduction est aussi géniale que le livre,
l'humour Nord-Américain est parfaitement bien rendu. Ce n'est pas
pour rien, que j'étais la seule à sourire voire à rire aux éclats
dans une rame de la ligne 2 à 20h du soir, quand tous les zombies
rentrent d'une très looooooongue journée de travail. Christophe
Grosdidier est le traducteur des folies de ce livre, ayant fait un
peu de traduction (et en étant très mauvaise), j'apprécie un
travail de cette qualité. Je suis allée lire quelques extraits du
livre en anglais sur la page de Jpod www.jpod.info. C'est aussi drôle en Anglais qu'en Français. Pour rendre exactement
l'essence des dialogues il faut tout simplement être doué. Je suis
devenue fan de Coupland et de son traducteur.
L'écriture est constituée de deux
dialogues. Les dialogues entre les personnages et les dialogues entre
Ethan et nous. Ce sont ses rêveries à la Scrubs qui nous laissent
pénétrer dans un monde ou on envisage des partouzes avec Ronald
McDonald (la mascotte de McDonald's) et on est amis avec un passeur
de Chinois, en étant parfaitement conscient de ce qu'il fait. Au
revoir le politiquement correcte ! Ça fait du bien ! "J'ai
une théorie sur les réunions et la vie : les trois choses que vous
ne pouvez pas simuler sont les érections, la compétence et la
créativité" Voici un petit aperçu de la philosophie de
Coupland. Vous y adhérez vous n'y adhérez pas. En tout cas je n'ai
pas pu me remettre à la lecture après ça. Toutes vos suggestions
sont les bienvenues.
JPod de Douglas
Coupland est édité en France par la maison au Diable Vauvert, il
est à 22 euros. Je ne sais pas combien ça fait en paires de baskets chinoises
achetées dans une Zone Économique Spéciale. Mais je sais que le
prix en vaut la chandelle.
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Bye bye bambini. Cette semaine,
un ministre italien a fait une proposition de loi très étonnante.
Il veut forcer les jeunes adultes à quitter le foyer de leurs
parents à 21 ans. Comme dans touts les pays à culture latine, les
enfants quittent leur maison familiale en passant d'abord par la case
mariage avant d'épouser une femme exactement comme sa mère pour
qu'elle fasse son lit exactement comme avant.
Renato Brunetta veut s'attaquer à un
des piliers de la culture des pays latins. Il veut contraindre ces
pauvres enfants à être indépendants et se débrouiller touts
seuls dans la vie. Plus de petits plats cuisinés quand ils rentrent
chez eux? Et les filles...Que vont-elles faire si elles ne peuvent pas
attendre confortablement sur le canapé de papa l'homme qu'elles vont
épouser? Siniore Brunetta ne vous rendez-vous pas compte de ce que
vous faites? Il va falloir que ces jeunes personnes en détresse
apprennent à faire leur lessive. Ça va être traumatisant, des
cellules psychologiques devront être mises en place. Mr. Brunetta va
être très impopulaire aux yeux des « bambaccioni » ou
les « gros poupons ». Si en Italie, où le poids de la
famille reste énorme, cette loi sera difficile de mettre en place, vous imaginez en Amérique Latine ! Alors là...
Ma première année en France, j'ai été
agréablement surprise par des garçons qui faisaient leurs propres
pâtes. Une scène m'a marquée : un dimanche après-midi je rentrais
avec un copain chez lui. Son colocataire était devant un match de
rugby (sport viril par excellence) entrain de repasser ses chemises.
Personne ne traitait ce garçon de tapette juste parce qu'il faisait
un peu de repassage. Plus tard, on a mangé le repas que les deux
garçons avaient préparé ensemble. Quest-ce que j'ai fait entre temps? J'ai
bu une bière au salon. Depuis, je me suis tellement habituée à être
entourée de garçons qui brulent leurs recettes et laissent leurs lits
défaits, mais qui font des efforts dans leurs petits(ou grands) chez eux.
Quand j'ai lu ce que Renato Brunetta voulait faire en Italie, j'ai
tout de suite pensé à ce qui se passerait en Amérique Latine.
Déjà, aucun ministre oserait même y songer, car, comme Mr. Brunetta, lui aussi serait passé de la
maison familiale à la maison conjugale. Pourquoi proposer que le
jeunes soient indépendants? Une jeune fille, bien comme il faut
,serait facilement pervertie en habitant toute seule. Le malin se
glisserait très rapidement sous les draps de cette demoiselle
irréprochable. Quant aux garçons, une mère qui se respecte se doit
d'accompagner son petit durant sa croissance. Il est inacceptable
qu'un jeune cadre supérieur parte au travail l'estomac vide. Maman
est dans l'obligation d'avoir le petit déjeuner prêt et si possible,
une collation en cas de petite faim.
Je ne dis pas qu'en France il n'y a pas
d'hommes qui sont volontairement inutiles. Je ne dis pas qu'en
Amérique Latine il n'y a pas d'hommes qui ont le courage d'endosser
un tablier et de préparer le goûter de sa fille. Je dis juste que
je suis heureuse d'être partie à l'autre bout du monde et de
stresser à cause de mon loyer. Je suis également heureuse de
croiser à la laverie des garçons qui ne font pas la différence
entre le cycle délicat et le cycle normal mais qui s'occupent d'eux mêmes. Courage Mr. Brunetta ! Ce
n'est peut-être pas la désapprobation des bamboccioni
que vous aurez à affronter. Méfiez vous de la mafia des mères qui
n'apprécieront pas votre initiative.
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